J’ai eu cette conversation récemment avec un ami qui pour lui, mon amour des cigares n’est qu’un transfuge d’une envie de cigarette refoulée.

Pour répondre à cette question, tout d’abord une petite remise en situation. Ancien fumeur de cigarettes (je l’avoue), j’ai depuis toujours été attiré par le cigare et ce, même avant la tige infâme provenant d’un petit paquet rouge… Mais ne me voyant pas à l’âge ingrat avec une vitole au bec (comme un certain « El Presidente» ) je suis resté un fervent adepte de la blonde pendant une petite dizaine d’années. C’est finalement après l’arrêt complet de la cigarette et une année de sevrage total que j’ai décidé de franchir le cap et de (re)devenir un véritable Aficionados.
Pour moi le cigare est un art (de vivre) au même titre que le vin ou que le chocolat. A chaque moment, à chaque plat son breuvage et je dirai son fumage. Il y a des moments où l’on a envie d’un petit-corona (comme en ce moment en vous écrivant ces lignes accompagné d’un sublime Trinidad Reyes et d’un petit expresso italien fraichement moulu), d’autres moments d’un double-corona, d’un figurado, d’un lonsdale ou bien encore d’un long panatella… Bref, à chaque situation son module, son terroir avec ses arômes et ses caractéristiques.
Alors voyons maintenant où se situe cette barrière entre la passion et l’addiction ? Je pense qu’elle se situe là où l’on veut la placer. Pour ma part lorsque je suis fatigué, que je n’ai pas le moral, je n’ai pas envie d’une vitole et de même lorsque je suis heureux je n’en n’ai pas forcément non plus l’envie et surtout je n’ai pas d’habitudes liées au cigare et je me refuse d’en avoir.
Pour mes détracteurs, oui il y a de la nicotine dans les cigares (substance propre à la feuille de tabac), mais je ne me suis jamais dit, j’ai « besoin» d’un cigare et c’est là toute la différence entre la cigarette et le cigare, ce phénomène de « besoin» . De plus il m’arrive de passer de long moment sans vitoles, et je n’en souffre absolument pas et je ne me dis pas non plus « tu as vu j’ai tenu x jours» car il n’y a pas ce phénomène d’arrêt et de reprise compulsif…
On pourrait dire que l’addiction est plutôt dans la collection car comme moi, la plupart des amateurs de cigares sont de véritables collectionneurs. Lorsque l’on voit une belle boîte, on ne peut la laisser passer… Mais ce n’est pas pour autant que l’on va la consommer de suite… Non, non, non… On va la laisser vieillir en prendre soin et le bon jour, au bon moment on la dégustera. C’est pour ça que je compare souvent l’amateur de cigare à l’amateur de vin, car il s’agit de la même approche, et comme pour le vin, le cigare est à consommer avec modération.
Pour conclure, finalement, chaque passion ne deviendrait-elle pas quelque part une addiction ?